24 févr. 2009

Et sinon...

-De la biologie à l'art, un même connaissance
-Offrandes nuptiales
-Misérables à la peau mate, ploutocrates à la peau claire
-Eduquer ce n'est pas remplir un vase
-"L'apocalypse à commencé"...
-La situation particulière des descendants d'Ali
-De l'influence du climat sur le caractère
-Voltaire et le fanatisme
-Sous le big bang, les maths
-De l'éthique païenne dans l'art de gouverner
-Le chewing-gum de l'oeil
-La confusion des sens

5 févr. 2009

Une devinette

En entrée, un petit extrait de l'Encyclopaedia Universalis :
"L'expression « art dégénéré » doit sa fortune à l'exposition Entartete Kunst que les nazis organisèrent en 1937 à Munich. La dégénérescence n'est pas la décadence. Cette dernière notion implique (...) un affaiblissement des cultures, analogue au vieillissement auquel sont voués les corps, mais non une dénaturation. La dégénérescence, l'Entartung, terme emprunté à la biologie, suppose qu'un objet a perdu certains de ses traits distinctifs au point qu'il cesse d'appartenir à son genre, à son espèce d'origine. (...)"

Maintenant la devinette, qui a écrit les phrases suivantes :
"La musique que les jeunes d'aujourd'hui apprécient est une épouvantable histoire en 3 d : désarroi, désordre, dysharmonie. La musique techno est une cacophonie métallique (...) La musique rap, une suite monotone de jappements de désespoir. Le rock, une hystérie. Le hard rock, une folie".

12 déc. 2008

Une eau brave que l'on ne boit que pour sa douceur

C'est l'histoire d'un outil de domination économique devenu objet d'appropriation culturelle. Depuis qu'il a été introduit à la cour du sultan Moulay Ismaïl, le thé est au Maroc une affaire extrêmement codifiée. En 1789, le chirurgien britannique William Lempriere s'étonne qu'il soit "servi dans de superbes tasses de porcelaine d'une petitesse remarquable (...) la petite quantité que l'on sert à la fois de cette boisson fait voir tout le cas que les Maures en font. Un régal de thé dure au moins deux heures...". C'est un tournant géopolitique qui démocratisera le thé dans l'empire chérifien : la guerre de Crimée en 1854 et le blocus de la Baltique obligent alors les marchands anglais à se redéployer à partir de leur base de Gibraltar vers les ports de Tanger et Mogador. Depuis, le thé est au Maroc ce que le tango est à l'Argentine, un emblème culturel. Le royaume est aujourd'hui le premier importateur mondial de thé vert, d'après les statistiques des douanes chinoises. En pékinois "tcha a ye" signifie "feuille de thé", d'où chaï qui a donné atay, décrit par le Dr Benkirane comme "une eau brave, préparée par un brave homme, et que l'on ne boit que pour sa douceur".

20 nov. 2008

S&P hall of fame

16 nov. 2008

MENA ne connaît pas la crise

Quelle est actuellement la région du monde dont l'économie se développe le plus rapidement ? La région MENA, comme Middle East North Africa, avec 6,1% de croissance en 2008. Le FMI estime que son pib va bondir de 50% en trois ans, passant de 1766 milliards de dollars en 2007 à 2642 milliards en 2009. Le Maroc est dans la course. Malgré la récession dans les pays de l'OCDE, l'économie marocaine a réalisé une croissance de 6,5% au troisième trimestre, en ligne avec les 6% annuels attendus. On n'a peut-être pas de pétrole au Maroc, mais on a des recettes fiscales! A force d'aligner les records, les rentrées d'impôts pourraient équilibrer le solde budgétaire de l'année en cours : à fin septembre, elles totalisaient 109% des prévisions pour l'année pleine.

4 nov. 2008

Go M'Bareck!

24 oct. 2008

Have you met VIX ?

VIX est le petit nom du Chicago Board Options Exchange Volatility Index. VIX mesure la peur sur les marchés boursiers. Depuis 1993, cet indice reflète le degré auquel les investisseurs anticipent un retournement prochain et violent sur les marchés. Dans sa forme actuelle, VIX calcule les primes d'assurance que paient les acheteurs d'options liées à l'indice Standard & Poor's 500. Exemple : il était vendredi à 70 points, ce qui signifie que les investisseurs anticipaient des mouvements de +/- 20% dans les 30 jours suivants. VIX a passé l'essentiel de l'année 2008 à fluctuer entre 20 et 30 points, il n'avait jamais passé la barre des 50 points avant ce mois-ci. A ce jour son record historique a été enregistré à 81,17 points en séance il y a tout juste cinq jours. Pour comprendre ce désarroi profond des professionnels des marchés, cette confession idéologique d'Alan Greenspan : “I have found a flaw. I don’t know how significant or permanent it is. But I have been very distressed by that fact.” Mr. Waxman pressed the former Fed chair to clarify his words. “In other words, you found that your view of the world, your ideology, was not right, it was not working,” Mr. Waxman said. “Absolutely, precisely,” Mr. Greenspan replied. “You know, that’s precisely the reason I was shocked, because I have been going for 40 years or more with very considerable evidence that it was working exceptionally well.

8 oct. 2008

Flash back



24 sept. 2008

Si Milton savait...

"Point d'éloge flatteuse sans liberté de blâmer" écrivait Beaumarchais. La Securities Exchange Commission vient pourtant d'interdire 799 valeurs financières de short selling (vente à découvert). Les financiers, rejoints par Alan Greenspan, n'en reviennent toujours pas, surtout depuis que Ford, General Electric et General Motor ont rejoint la liste. Les uns prophétisent des "conséquences désastreuses" comme le patron d'Options Clearing Group, principale société de compensation sur les marchés dérivés. D'autres dénoncent la vacuité d'une telle mesure, puisqu'elle n'a pas empêché certaines valeurs bancaires de décrocher de 40% le lendemain. Par nature, les banques sont hémophiles : jusqu'ici, pour un dollar en propre, elles en prêtaient jusqu'à 20 et obtenaient les 19 manquants par endettement interbancaire. Du coup à la moindre blessure (subprimes) c'est tout le système financier qui fait une hémorragie. De ce point de vue, l'adoption des normes IFRS en comptabilité bancaire a joué le rôle du savon sur la planche. Mais s'il y a une leçon à tirer de ces semaines folles (le baril a bondit de 29 dollars en quatre jours), c'est bien qu'à l'avenir il faudra avoir moins de joueurs "too big to fail". Le problème c'est qu'on assiste exactement à l'inverse : on s'achemine vers plus de concentrations dans le secteur bancaire! Warren Buffet est entré au capital de Goldman Sachs, Merril Lynch a été absorbé par Bank of America, Lehman Bros partagé entre Barclays et Nomura, et HBOS englouti par Lloyds. Si on lui avait annoncé d'un coup l'interdiction temporaire du short selling suivie par un plan de bail-out à 700 milliards de dollars, Milton Friedman se serait très probablement étouffé sur place en avalant de travers.

17 sept. 2008

Juste un kif

Quand on était petits, on prenait parti pour certaines marques contre d'autres, et ces polémiques savantes occupaient souvent une partie de nos récrés. Je me souviens que j'étais pro-Nintendo (anti-Sega), pro-Nike (anti-Reebok), pro-Lego (anti-Playmobile), pro-Atari (anti-Amiga), etc... Si je vous raconte tout ça, c'est que j'étais absolument fan de Nintendo et que je viens de lire dans le Financial Times (du 15 sep) : "Nintendo is on track to earn more for their company this year than the average Goldman Sachs employee did in 2007, the investment bank’s best ever year". Waou! quelle claque! :)))

14 sept. 2008

Ce blog n'est pas en grève

S'il est permis d'exprimer une réserve, un avis tout simplement, j'aimerai dire pourquoi tout ce raffut autour du procès de Mohamed Erraji me gêne aux entournures. D'abord rappeler que la presse marocaine, vivace comme jamais (l'arabophone surtout), ne se prive pas de malmener les politiques du Roi à longueur de colonnes. Le Maroc n'est pas la Tunisie ou la Corée du Nord, et Mohamed Erraji est encore moins ce fer de lance électronique de l'avant-garde refuznik qu'on nous vend ici et là. Ensuite, dès la première lecture, le dernier paragraphe de son papier m'a fait l'effet d'une douche froide : "Quand le prince héritier régnera un jour (...) il gouvernera sans doutes en suivant la même logique. En conséquence on n'a qu'a...". Un terrible procès d'intention à l'encontre de Moulay Hassan qui n'est âgé que de cinq ans! Même Obama et ses lieutenants les plus zêlés se sont abstenus d'enrégimenter la fille de Sarah Palin (enceinte à 17 ans) dans leur campagne contre McCain... Second effet kisscool malheureux : Mohamed Erraji suggère dans son article que le monarque donnerait une mauvaise éducation à son fils, or si ça n'entre pas dans votre définition de ce qu'est une attaque personnelle à caractère diffamatoire, je ne vois pas bien ce qui peut nous mettre d'accord! Ce n'est pas parce qu'on est blogueur qu'on peut tout se permettre sans jamais rien se voir reprocher, et ce n'est pas non plus parce qu’on est roi, ou futur roi, qu'on n'a pas droit à un minimum de considération, en l'occurence en tant que père de famille. Pour l'anecdote, cette semaine ce n'est pas un blogueur mais un cinéaste qui a été arrêté par la police, pour avoir collé un poster de promotion de son dernier film, un pamphlet antimonarchiste. Ce cinéaste s'appelle Fumiki Watanabe et ça s'est passé au Japon.

24 juil. 2008

Travailleurs, travailleuses : taisez-vous!

C'est un couple étrange que forment le silence et le travail. Mutisme expert et souverain de l'artisan focalisé sur sa tâche minutieuse, seulement troublé par le cliquetis de ses instruments. Silence imposé par le contremaître, légitimé de fait par le vacarme des machines... Michel Foucault dans "Surveiller & Punir" a fait la généalogie de ce silence des ouvriers en recensant les techniques, les outils et rituels de cette société disciplinaire. On attribue au silence toutes sortes de connotations comme la prudence, la modestie, le savoir-vivre... (Il arrive pourtant plus souvent qu’on ne l’imagine à d'insupportables imbéciles imbus de leur personne de rester muets, mais c'est un autre débat). Avec la révolution industrielle, le silence au travail s'impose dans la société comme une coulée de conservatisme. Les écoles militaires deviennent des écoles d'arts et métiers, souvent encadrées par d'anciens officiers, et le silence des casernes s'abat sur les nations jusque-là paysannes et bavardes. Dans son "Histoire des théories du management", Bernard Girard rappelle qu'au dix-huitième siècle on considérait le silence des britanniques (vs le bruit des français) comme un "avantage comparatif de la main d'œuvre anglaise". En 1870, les ouvrières des manufactures de tabac n'ont le droit ni de sourire ni de parler, comme en 1914 aux Galeries Lafayette où s'ajoute l'interdiction formelle de tutoyer quiconque. Les rouages bruyants du capitalisme, magnifiquement mis en musique dans "Les Temps Modernes" de Chaplin, font taire les usines et inhibent l'expression des plaintes et des doléances. La parole, c'est le grain de sable dans la machine. Enrégimentée, réquisitionnée lorsqu'elle a cours, elle perd son sens comme par hémorragie... On finit par dire initialiser au lieu de commencer, finaliser au lieu de finir, positionner au lieu de placer, coordonner/optimiser au lieu d'exécuter. Les mots ne servent plus à signifier mais à dissimuler les liens entres les événements en voilant les causes qui les engendrent. Les mots en "ence" prolifèrent : pertinence, compétence, émergence, expérience, efficience, cohérence, résilience, excellence, convergence, silence...

A lire : "Storytelling, la machine à fabriquer des histoires" (Christian Salmon)